Après plusieurs années de réflexion et de consultations, l’avant-projet de loi encadrant les cryptoactifs a été rendu public, confirmant la volonté du Maroc de combler un vide juridique dans un secteur en pleine expansion et d’accompagner, avec prudence, la montée en puissance des usages liés aux actifs numériques.
Ce texte, attendu par les acteurs financiers, technologiques et les investisseurs, ambitionne d’inscrire le pays dans la dynamique mondiale de régulation du Web3 tout en assurant une protection renforcée des épargnants.
Le dispositif repose sur une double supervision assurée par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et Bank Al-Maghrib. Ensemble, elles auront la charge de délivrer les agréments aux plateformes, d’encadrer les opérations, de veiller à la transparence des transactions et d’assurer un niveau élevé de protection des investisseurs. L’enjeu est d’apporter stabilité et lisibilité à un marché marqué jusqu’ici par la volatilité, les risques de fraude et l’absence de cadre officiel.
Cette régulation, conçue comme un équilibre entre sécurité et innovation, soulève toutefois des questions. Certains experts estiment que les exigences techniques et financières imposées aux start-up Web3 pourraient ralentir l’émergence d’un écosystème local compétitif. Si le texte ouvre la voie à une reconnaissance officielle des cryptoactifs, il s’inscrit dans une approche très prudente qui pourrait freiner l’expérimentation.
Pour de nombreux observateurs, l’avant-projet reste néanmoins un tournant majeur. Le Maroc rejoint la tendance internationale visant à encadrer les actifs numériques, à renforcer sa stabilité financière et à protéger les utilisateurs. Les prochains mois seront déterminants pour définir comment concilier innovation, attractivité et sécurité afin de permettre au marché marocain des cryptoactifs de se développer dans un environnement clair, structuré et maîtrisé.