À Salé, la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) organise, en partenariat avec le RIARC, une conférence internationale consacrée au droit à l’information face aux défis du numérique. Durant trois jours, les autorités de régulation africaines analysent l’explosion des campagnes de désinformation, dont 189 ont été recensées en 2024, un chiffre multiplié par quatre en deux ans.
La présidente de la HACA, Latifa Akharbach, a souligné le paradoxe de l’époque : l’information n’a jamais été aussi abondante, mais jamais la distinction entre vérité et manipulation n’a été aussi difficile. En Afrique, 73 % des internautes se disent désormais inquiets quant à leur capacité à reconnaître les fausses informations. Ce basculement s’explique par l’emprise des plateformes numériques et des algorithmes qui orientent désormais la manière dont les citoyens reçoivent l’information.
Les régulateurs ont également alerté sur l’asymétrie de pouvoir qui fragilise le continent face aux géants du numérique, aggravée par les fractures de connectivité, la diversité linguistique et la fragilité économique des médias professionnels. Pour Mme Akharbach, la souveraineté numérique et informationnelle est devenue un enjeu stratégique majeur, particulièrement pour un pays comme le Maroc, engagé sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, dans la défense d’une autonomie continentale en matière d’information.
La conférence appelle à repenser profondément le droit à l’information, considéré comme un chantier encore inachevé. Dans un environnement où tout contenu peut être manipulé ou amplifié, ce droit doit être redéfini, renforcé et inscrit au cœur des politiques publiques africaines.
Les travaux, centrés sur l’impact des plateformes numériques, les risques systémiques pour l’information et les défis de la transition des médias, donneront lieu à l’adoption de la « Déclaration de Rabat », un texte qui ambitionne de poser les bases d’une nouvelle approche africaine de la régulation numérique.