Le Maroc confirme sa montée en puissance dans l’entrepreneuriat numérique africain. Selon l’édition 2025 du Digital Entrepreneurship Ecosystem Index (DEEI), publiée par le Vienna Institute for Global Studies, le Royaume se hisse à la troisième place africaine des écosystèmes de startups technologiques, aux côtés de l’Afrique du Sud et de Maurice. Cette performance consacre une dynamique engagée depuis plusieurs années autour des infrastructures numériques, des compétences et de la gouvernance digitale.
Classé 83ᵉ au niveau mondial, le Maroc se positionne derrière l’Afrique du Sud (59ᵉ) et Maurice (60ᵉ), devançant la Tunisie (87ᵉ), l’Égypte (92ᵉ) et le Cap-Vert (93ᵉ). Si l’écart avec les deux leaders africains demeure, la trajectoire marocaine est clairement ascendante et confirme son rôle de hub régional pour l’innovation technologique.
Les ressorts d’une progression structurelle
Plusieurs facteurs expliquent cette avancée. Le rapport souligne l’amélioration du cadre réglementaire dans les TIC, la montée en compétences numériques, le renforcement de la cybersécurité ainsi que la multiplication des incubateurs et accélérateurs. À cela s’ajoute un environnement institutionnel structuré et une volonté politique affirmée de faire du numérique un levier de compétitivité, illustrée par la stratégie nationale Maroc Digital 2030.
Ces efforts se traduisent par des gains notables dans les sous-indices liés aux infrastructures numériques et à la citoyenneté numérique, deux piliers essentiels pour l’émergence d’un entrepreneuriat technologique durable. Néanmoins, les scores globaux du Maroc restent en deçà de ceux de l’Afrique du Sud et de Maurice, tous deux au-delà de 43 points, là où le Royaume affiche un niveau encore plus modeste.
Un indice comparatif à portée mondiale
Le DEEI évalue 170 pays sur une échelle de 0 à 100 points, à partir de plus de 50 indicateurs répartis en quatre dimensions : infrastructures numériques, citoyenneté numérique, plateformes multi-faces et entrepreneuriat technologique. L’édition 2025 s’appuie sur des données de 2022, comparées à celles de 2017, année de référence de la première édition publiée en 2021.
Le rapport met en exergue la forte progression relative de l’Afrique subsaharienne (+42 % entre 2017 et 2022), malgré un niveau de départ plus faible. Cette évolution témoigne d’investissements soutenus dans le digital, dont le Maroc est l’un des principaux bénéficiaires au Nord du continent.
À l’échelle mondiale, un écart encore marqué
Sur le plan international, les États-Unis dominent largement le classement avec 87,9 points, portés par la Silicon Valley et son écosystème d’innovation unique. Ils sont suivis par le Danemark, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et Singapour. L’Europe affiche la progression absolue la plus élevée (+11,5 points), confirmant sa montée en puissance numérique.
Face à ces leaders, le Maroc et ses pairs africains restent encore éloignés des standards mondiaux. La tendance n’en est pas moins encourageante : les pays initialement en retard progressent plus rapidement, réduisant progressivement l’écart.
Le défi de la conversion entrepreneuriale
Pour le Royaume, l’enjeu majeur réside désormais dans la transformation des acquis numériques en résultats entrepreneuriaux tangibles : création de startups à forte valeur ajoutée, passage à l’échelle régionale et internationale, et capacité à attirer des investissements structurants. Le rapport cite à ce titre l’Autriche, dans la région du Danube, comme un modèle de conversion réussie des infrastructures digitales en dynamisme entrepreneurial.
En consolidant ses réformes, en renforçant l’accès au financement et en favorisant l’innovation de rupture, le Maroc dispose aujourd’hui des fondamentaux nécessaires pour franchir un nouveau palier et s’inscrire durablement parmi les écosystèmes tech les plus performants du continent africain.