Le Sport marocain : un chantier Royal et un produit collectif

Si aujourd’hui, sur les scènes les plus prestigieuses du football mondial,  l’équipe du Maroc fascine, rassemble et dépasse les espérances, ce n’est pas le fruit du hasard… 

C’est l’écho silencieux d’une vision, l’aboutissement discret d’une stratégie  guidée échafaudée par une recette gagnante  : le Concept Royal Sportif. Car derrière chaque victoire, chaque frisson, chaque regard tourné vers le drapeau, se dessine une architecture invisible, celle d’une ambition portée par une foi stratégique profonde. 

Le secret n’est pas seulement sur le terrain… il réside dans cette alchimie rare entre vision, patience et destin.

La Renaissance d’un nouvel engagement collectif .

Faisant partie intégrante des politiques publiques, le sport au Maroc s’inscrit dans une dynamique structurante, à la croisée des politiques publiques, des enjeux sociaux et des ambitions économiques. Ainsi, depuis la tenue des Assises nationales du sport à Skhirat en octobre 2008, marquées par la lettre royale adressée aux participants, le secteur sportif marocain a connu un véritable tournant stratégique.

Cette orientation a été consolidée par la Constitution de 2011, qui consacre le sport comme un droit fondamental et impose aux pouvoirs publics de favoriser son développement, son accessibilité et sa gouvernance démocratique. (1)

Le concept sportif royal : la feuille de route et vision stratégique gagnantes

Dans ce contexte, le « concept sportif royal » s’inscrit dans une vision globale et intégrée du sport. Ce concept met l’accent sur la nécessité de considérer le sport comme un projet de société, articulé autour de trois dimensions majeures : l’accès généralisé à la pratique sportive, la professionnalisation des structures et la valorisation du capital humain.

Il s’agit d’un modèle qui prône une gouvernance modernisée, fondée sur la transparence, la performance et la responsabilité. Le concept insiste également sur l’importance de l’investissement dans les infrastructures, la formation des cadres, la communication-média et l’accompagnement des talents dès le plus jeune âge. Enfin, il valorise le rôle du sport comme outil de rayonnement international et de diplomatie douce pour le Royaume du Maroc.

Un cadre institutionnel structuré.

En parfaite adéquation avec les conventions signées avec le Ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, qui est l’acteur central de la gestion du sport au Maroc, orchestrant la politique sportive nationale, le sport scolaire et universitaire, plusieurs intervenants publics et privés concourent à l’exécution de projets et événements sportifs tant au niveau national qu’international. (2)

Le ministère, à travers la Direction Nationale des Sports, élabore les textes réglementaires, accompagne les 72 fédérations royales nationales dont 32 Olympiques, et plus de 300 Ligues Régionales, favorise le sport de masse, et structure l’éducation physique pour en faire un levier d’inclusion et d’épanouissement.

L’architecture institutionnelle du sport au Maroc repose sur plusieurs acteurs clés. Responsables de la gestion directe de la chose sportive, les fédérations royales marocaines jouent un rôle central dans l’encadrement des disciplines sportives, la formation des athlètes et l’organisation des compétitions. Elles sont investies d’une mission de service public, en cohérence avec les orientations nationales, et constituent le maillon essentiel entre la base (ligues, clubs et associations) et les instances internationales.

Le Comité National Olympique Marocain (CNOM), pour sa part, assure la représentation du Maroc au sein du mouvement olympique international. Il œuvre à la promotion des valeurs olympiques, au développement du sport de haut niveau et à la préparation des athlètes aux grandes compétitions internationales tout en s’inscrivant dans le futur notamment avec les programmes GIL 2028-2032. Le CNOM agit également comme un catalyseur de coordination entre les différentes fédérations, tout en veillant au respect des standards internationaux en matière de gouvernance sportive et du fair-play.

Par ailleurs, les collectivités territoriales occupent une place de plus en plus importante dans la politique sportive nationale. Elles contribuent à la construction et à la gestion des infrastructures (terrains de proximité, salles omnisports), soutiennent les clubs et associations locales et participent à la démocratisation de la pratique sportive et à la revitalisation du Sport National. (3)

L’implication citoyenne : un pilier essentiel de la réussite sportive marocaine

Au-delà des institutions, la réussite des événements sportifs et le développement du sport au Maroc reposent également sur une forte implication citoyenne. Les corps constitués tels que la Gendarmerie Royale, la Sûreté Nationale, la Protection Civile et les Forces Auxiliaires jouent un rôle déterminant dans la sécurisation des manifestations sportives, la gestion des foules et la prévention des risques, garantissant ainsi le bon déroulement des compétitions dans un cadre sûr et organisé.

À leurs côtés, les bénévoles constituent une ressource humaine essentielle. Leur engagement dans l’organisation, l’accueil, l’encadrement et la logistique des événements reflète un esprit de solidarité et de participation citoyenne qui renforce le tissu social.

Les médias et les journalistes, quant à eux, participent activement à la valorisation du sport marocain. À travers la couverture des événements, la mise en lumière des performances et la diffusion des valeurs sportives, ils contribuent à sensibiliser le grand public, à promouvoir les talents nationaux et à renforcer l’attractivité du Maroc sur la scène sportive internationale.

Le sport comme levier de développement

Au Maroc, le sport dépasse largement sa fonction ludique pour devenir un véritable levier de développement humain. Il joue un rôle fondamental dans l’inclusion sociale, la cohésion territoriale et l’encadrement de la jeunesse. En favorisant l’apprentissage de valeurs telles que la discipline, le respect et l’esprit d’équipe, il participe à la formation du citoyen.

Sur le plan économique, le sport au Maroc constitue également un secteur en pleine expansion. L’organisation d’événements sportifs, le développement du sponsoring, les droits de diffusion et les retombées touristiques contribuent à dynamiser l’économie nationale. Le Maroc, en se positionnant comme un hub sportif régional et continental, attire de plus en plus d’investissements et renforce son attractivité.

Les Vertus du Sport : l’apprentissage des règles et des Lois

Le Sport est une grande École de Citoyenneté. Il apprend aux jeunes le respect de soi-même et des autres, l’acceptation des règles et, par conséquent, le droit. 

La pratique sportive dans les établissements scolaires, dans les quartiers, grâce aux terrains de proximité, au soutien des collectivités territoriales et à l’implication des clubs, marque la reconnaissance et la renaissance d’un nouvel engagement collectif : la fonction sociale du sport, sa valeur éducative et culturelle, donc son caractère citoyen. 

Le sport valorise, il apprend à vivre collectivement, à dépasser les clivages sociaux et culturels. 

Il enseigne le refus de la violence, souvent née de l’inactivité et de la frustration. 

La force du sport, c’est le sport lui-même, et seul le sport offre un apprentissage serein de la démocratie. 

En somme, le sport nous apprend :  « le vivre en commun ».

Conclusion

Ainsi, le sport au Maroc est un chantier royal et un produit collectif, mobilisant l’ensemble des acteurs institutionnels, territoriaux et citoyens. 

Entre volonté politique affirmée, structuration institutionnelle et ambitions économiques, le Royaume s’inscrit dans une trajectoire ascendante. Toutefois, des défis persistent, notamment en matière de gouvernance, de financement et d’équité territoriale, ainsi que dans la construction des infrastructures, notamment le Vélodrome. 

Ne pas doter le Maroc d’un Vélodrome, c’est priver le cyclisme marocain d’une discipline riche en médailles olympiques..

(1) voir Constitution du Maroc 2011 – articles 26-31 et 33 .

(2) Voir  Décret n° 2-24-328 du 27 moharrem 1446 (2 août 2024) fixant les attributions et l’organisation du département de l’éducation nationale et du préscolaire.

-(3) voir article 97  loi organique n° 031.26 modifiant la loi 111-14.(avril 2026 ) .

Me Mohamed BEN EL MAHI

Président de la Fédération Royale Marocaine de Cyclisme

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