À chaque grande compétition sportive, l’attention se focalise presque exclusivement sur le terrain, les joueurs et les résultats. Pourtant, derrière chaque image fluide, chaque ralenti parfaitement synchronisé et chaque plan retransmis en temps réel, se déploie un travail discret, exigeant et décisif : celui des ingénieurs et techniciens de la production audiovisuelle.
À l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc, cette réalité s’est imposée avec une intensité particulière, révélant l’importance stratégique des métiers techniques dans la réussite d’un événement continental.
Assurer la couverture télévisuelle d’une compétition de cette envergure ne relève pas d’une simple prouesse logistique. Il s’agit de concevoir et d’exploiter un écosystème technologique complexe, où chaque flux, chaque signal et chaque instant comptent. Les ingénieurs broadcast, les ingénieurs vidéo et pilotes de drones, les techniciens image et son, ainsi que les spécialistes des réseaux, de la transmission et de la régie, évoluent dans un environnement soumis à une contrainte permanente, marqué par l’exigence du direct et l’absence de droit à l’erreur. Leur mission consiste à rendre l’exploit sportif visible, intelligible et émotionnellement accessible à des millions de téléspectateurs, tout en demeurant invisibles à l’écran.
Dans ce dispositif, les équipes de la SNRT ont joué un rôle central. La CAN 2025 a constitué pour elles un test grandeur nature, non seulement en raison de l’ampleur de l’audience, mais aussi parce qu’elle imposait de se mesurer aux standards internationaux les plus élevés en matière de production audiovisuelle. La qualité des images produites, la stabilité des flux et la fluidité de la retransmission ont témoigné d’un niveau de maîtrise qui dépasse la simple exécution technique. Elles traduisent une capacité collective à opérer dans un cadre hautement compétitif, où l’excellence devient une condition de crédibilité.

Au-delà de la performance opérationnelle, la couverture de la CAN 2025 met en lumière un enjeu plus profond : celui de la souveraineté audiovisuelle. Maîtriser la production et la diffusion de ses propres grands événements sportifs, c’est affirmer un contrôle stratégique sur son image et sur le récit qu’un pays projette à l’extérieur. Dans un paysage médiatique largement dominé par de grands groupes internationaux, la capacité à produire localement, avec des compétences nationales, constitue un marqueur fort d’autonomie technologique et symbolique. Les ingénieurs et techniciens deviennent alors des acteurs silencieux du soft power, garants de la crédibilité médiatique du pays.
Cette expérience révèle également l’importance de reconnaître et de valoriser des métiers longtemps restés dans l’ombre. Les compétences mobilisées lors de la CAN 2025 ne se limitent pas à la technique au sens strict ; elles engagent une culture de la coordination, de l’anticipation et de la responsabilité collective. À l’heure où l’audiovisuel sportif évolue rapidement, entre ultra-haute définition, production à distance et intégration croissante de solutions fondées sur l’intelligence artificielle, le savoir-faire accumulé lors de cette compétition constitue un capital stratégique pour l’avenir de l’écosystème médiatique marocain.

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 n’a donc pas seulement été un rendez-vous sportif majeur. Elle a également été une démonstration concrète de la capacité du Maroc à tenir son rang sur le plan audiovisuel, grâce à l’engagement et à l’expertise d’ingénieurs et de techniciens dont le travail reste souvent invisible, mais dont l’impact est décisif. À travers eux, c’est une vision de la souveraineté médiatique qui s’affirme : celle d’un pays capable de produire, maîtriser et diffuser son image avec rigueur, ambition et professionnalisme, dans un monde où l’image est devenue un territoire stratégique à part entière.