Le Maroc met en avant à Madrid sa stratégie numérique et de cybersécurité

Invité d’honneur du Sommet pré-ministériel sur la piraterie, la cybersécurité et la justice, tenu à Madrid le 25 février 2026, le Maroc a exposé les fondements et les avancées de sa stratégie nationale en matière de transformation digitale et de sécurité numérique. Représentant le Royaume, l’ambassadrice en Espagne, Karima Benyaich, a rappelé que cette dynamique s’inscrit dans une vision stratégique portée au plus haut niveau de l’État, orientée vers une transition numérique sécurisée, inclusive et centrée sur l’humain.

Au cours de son intervention, la diplomate a mis en lumière la modernisation progressive des infrastructures technologiques ainsi que le déploiement de stratégies nationales de cybersécurité. Ces réformes structurantes ont permis au Maroc d’atteindre le 34ᵉ rang mondial dans le classement publié par l’International Telecommunication Union à travers le Global Cybersecurity Index 2024, confortant ainsi sa position de référence à l’échelle régionale.

Selon Mme Benyaich, cette consolidation du cadre numérique et réglementaire contribue directement à l’attractivité du Royaume auprès des investisseurs internationaux. La stabilité politique et la sécurité juridique, présentées comme des piliers du modèle marocain, constituent des leviers déterminants pour renforcer la confiance des partenaires économiques dans un environnement mondial marqué par l’incertitude technologique et géopolitique.

La diplomate a également inscrit ces avancées dans une perspective plus large de performance sectorielle. Le Maroc figure parmi les principaux producteurs mondiaux dans l’industrie automobile et occupe une place stratégique dans les secteurs de l’aérospatial et des industries de défense. Par ailleurs, le Royaume se positionne comme premier investisseur en Afrique subsaharienne et deuxième à l’échelle continentale, illustrant la cohérence d’un modèle de développement articulé autour d’une vision politique volontariste.

Abordant les enjeux globaux liés aux technologies émergentes, Mme Benyaich a souligné que si la révolution numérique ouvre des perspectives inédites, elle soulève également des défis transnationaux majeurs. Elle a plaidé pour un renforcement de la coopération internationale et pour l’élaboration de politiques publiques adaptées, insistant sur le rôle central de l’État dans l’accompagnement de ces mutations. Dans ce cadre, elle a appelé à un usage éthique et responsable de l’intelligence artificielle, considérée comme un vecteur stratégique mais nécessitant un encadrement normatif rigoureux.

Mettant en avant l’identité marocaine fondée sur l’ouverture et la tolérance religieuse, l’ambassadrice a rappelé le rôle du Souverain en tant qu’Amir Al-Mouminine, garant de la liberté de culte. Cette singularité institutionnelle et culturelle positionne le Royaume comme un trait d’union entre l’Occident et le monde arabo-musulman, dimension qui renforce sa crédibilité dans les espaces de dialogue multilatéraux.

À l’issue de cette participation, Karima Benyaich a reçu une distinction honorifique saluant l’engagement constant du Maroc en faveur de la transformation digitale et de la cybersécurité. Cette reconnaissance symbolique consacre la stratégie nationale visant à positionner le Royaume comme un hub technologique de référence.

Pour sa part, le vice-président de l’Union Internationale des Magistrats, Mohamed Redouane, a insisté sur la dimension judiciaire des mutations numériques. Il a souligné le rôle déterminant de la justice dans la garantie de la sécurité juridique face à l’émergence de nouvelles formes de cybercriminalité, appelant à accélérer la modernisation des procédures, à consolider l’indépendance judiciaire et à améliorer la célérité des traitements.

Le Sommet pré-ministériel a ainsi réuni responsables judiciaires, régulateurs et représentants institutionnels, notamment d’Amérique latine, autour des enjeux liés à l’intégration des nouvelles technologies dans le secteur de la justice. Les débats ont porté sur le dialogue international en matière de cybersécurité, la gouvernance technologique, la régulation digitale et la lutte contre la criminalité organisée à l’ère numérique, confirmant la centralité croissante du numérique dans l’agenda diplomatique et judiciaire mondial.

🤞 Devenez contributeur dès aujourd’hui.

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité