À l’approche de la Coupe du Monde 2030, la APEBI invite à dépasser la logique événementielle pour inscrire l’échéance dans une stratégie structurelle de transformation numérique. Pour la Fédération, 2030 ne doit pas être envisagée comme une finalité, mais comme un catalyseur capable d’accélérer durablement la modernisation technologique de l’économie marocaine. Cette vision, portée par son président Redouane El Haloui, repose sur une conviction claire : l’impact réel se mesurera dans l’après-2030, dans la capacité du pays à consolider ses acquis et à transformer l’exposition mondiale en avantage compétitif pérenne.
Au cœur de cette dynamique, l’intelligence artificielle apparaît comme un puissant moteur de création de valeur. Encore faut-il réunir les conditions de son efficacité : données fiables et gouvernées, infrastructures numériques robustes, cybersécurité renforcée, compétences adaptées et adoption massive par l’économie réelle. Sans ces fondations, l’IA demeure un discours. Avec elles, elle devient un levier concret de compétitivité et d’innovation. La Fédération insiste sur cette articulation entre vision technologique et capacité d’exécution, soulignant que la performance ne découle pas d’annonces, mais d’une architecture cohérente et industrialisée des usages numériques.
La réussite de 2030 dépendra également de la préparation du tissu économique national, en particulier des commerçants, des petites et moyennes entreprises et des prestataires de services. Paiements digitaux généralisés, relation client augmentée par l’IA, services multilingues automatisés, gestion intelligente des flux logistiques et des stocks doivent devenir des standards opérationnels. La Coupe du Monde constituera une vitrine mondiale ; elle révélera la capacité collective du Maroc à offrir une expérience fluide, sécurisée et digitalisée, au service des visiteurs comme des citoyens. L’enjeu dépasse l’image : il s’agit d’ancrer durablement des pratiques numériques dans l’économie réelle.
Dans cette perspective, les PME Tech marocaines sont identifiées comme les véritables bâtisseurs de la transformation. Elles conçoivent, intègrent et opèrent les solutions sur le terrain. Leur rôle dépasse le simple statut de prestataire ; elles doivent être reconnues comme partenaires stratégiques de long terme, capables d’industrialiser les usages numériques bien au-delà de l’événement et de porter le digital export marocain. Autour d’elles gravitent les startups et acteurs émergents, véritables explorateurs de l’innovation, dont la mission consiste à expérimenter et à faire émerger de nouveaux usages, notamment autour de l’intelligence artificielle. Pour l’APEBI, 2030 doit constituer un terrain d’expérimentation à grande échelle, mais surtout un tremplin vers des solutions exportables après l’événement.
La Fédération défend également un changement de paradigme concernant l’offshoring. Celui-ci ne doit plus être perçu comme une industrie de coûts, mais comme une industrie de compétences. L’exposition internationale offerte par 2030 représente une opportunité unique de démontrer la qualité des talents marocains dans les domaines de l’IA, des données, de la cybersécurité et des services numériques à distance. L’objectif n’est pas seulement d’attirer des contrats, mais de repositionner durablement le Maroc comme hub de compétences technologiques à forte valeur ajoutée.
Pour l’APEBI, la question fondamentale demeure celle de l’après-2030. Les véritables retombées se mesureront dans la capacité du pays à digitaliser son économie, à créer des emplois qualifiés pour la jeunesse, à structurer ses PME Tech, à innover et à exporter des solutions technologiques marocaines. Cette ambition suppose une gouvernance claire, une coordination étroite entre secteur public et acteurs économiques, ainsi qu’une exécution rigoureuse des chantiers engagés.
« La Coupe du Monde 2030 doit être un accélérateur, pas une parenthèse », affirme Redouane El Haloui. « Notre responsabilité collective est de transformer cet événement en levier durable de digitalisation, de création d’emplois qualifiés et de compétitivité technologique. Le vrai succès se mesurera après 2030. »
Ainsi, 2030 apparaît comme un levier stratégique. L’après-2030 devra constituer la démonstration que le Maroc a su convertir un événement mondial en trajectoire de développement durable, en structurant un écosystème numérique capable de créer de la valeur, d’exporter son savoir-faire et d’ancrer la transformation digitale dans la durée.