GITEX Africa 2026 : le Maroc accélère sa trajectoire vers l’intelligence artificielle

À Marrakech, la quatrième édition de GITEX Africa Morocco 2026 confirme un basculement stratégique majeur : réunissant plus de 50 000 participants venus de différents continents, le rendez-vous s’impose désormais comme une plateforme d’influence où se rencontrent décideurs publics, investisseurs et innovateurs autour des mutations du numérique.

À l’ouverture, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a rappelé le tournant engagé depuis 2021 avec la création d’un département entièrement dédié au numérique, marquant l’inscription de la transformation digitale au rang de priorité stratégique nationale. Cette orientation s’est traduite par une progression significative des investissements, passés de 11 millions à plus de 1,7 milliard de dirhams entre 2021 et 2024, signalant le passage d’initiatives dispersées à une politique structurée autour de la stratégie « Maroc Digital 2030 ».

Cette dynamique repose sur deux axes : la construction d’un État numérique centré sur le citoyen et le développement d’une économie digitale génératrice de valeur. Les premiers indicateurs confirment cette trajectoire, avec plus de 148 500 emplois créés et 26 milliards de dirhams d’exportations de services à fin 2024. À horizon 2030, les projections tablent sur 270 000 emplois et près de 40 milliards de dirhams d’exportations.

Dans ce contexte, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre de la Transition numérique, a défendu une approche singulière fondée sur l’idée d’une « troisième voie » marocaine. Entre les grandes puissances technologiques mondiales, cette vision vise à articuler compétitivité, souveraineté et adaptation aux réalités nationales. L’intelligence artificielle y est envisagée à la fois comme levier économique et enjeu géopolitique, dans un environnement international marqué par une intensification des rivalités.

Les indicateurs confirment l’ampleur du potentiel africain : avec un taux de pénétration des smartphones avoisinant 60 % et plus de 500 millions de comptes de mobile money, le continent s’impose déjà comme un leader mondial du paiement mobile. À l’horizon 2030, l’économie numérique africaine pourrait atteindre 2 900 milliards de dollars, tandis que l’intelligence artificielle pourrait générer jusqu’à 1 000 milliards de dollars supplémentaires d’ici 2035.

Sur le plan des infrastructures, le Royaume poursuit son déploiement technologique avec des objectifs ambitieux : une couverture 5G de 45 % dès 2026 et 85 % en 2030, ainsi qu’un réseau de fibre optique dépassant déjà 1,4 million d’abonnés. À cela s’ajoute un avantage énergétique stratégique, avec près de 45 % de la capacité installée issue des énergies renouvelables, un taux appelé à atteindre 52 % à l’horizon 2030, élément clé dans un contexte de forte consommation énergétique des infrastructures numériques.

Dans cette recomposition, le Maroc entend assumer une position d’interface stratégique entre l’Europe, l’Afrique et l’espace atlantique. Porté par la convergence entre investissements, capital humain et infrastructures, le Royaume affirme ainsi sa volonté de peser dans les nouvelles dynamiques du numérique mondial.

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