Paris — La ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a été distinguée jeudi à Paris dans le cadre des Africa Next Awards 2026, où elle s’est vu décerner le Prix d’Excellence Africain « Intelligence Artificielle, Souveraineté Numérique et Innovation Publique ».
Cette distinction vient récompenser son parcours et son engagement en faveur de la transformation numérique du Maroc, de la modernisation de l’administration publique, du développement de l’intelligence artificielle et du renforcement de la souveraineté numérique du Royaume.
Une distinction qui intervient dans une dynamique nationale de transformation
La reconnaissance accordée à la ministre intervient dans un contexte marqué par l’accélération des réformes engagées par le Maroc dans le domaine du numérique et de la modernisation de l’administration.
La démarche portée par le ministère repose notamment sur une conviction : la transformation numérique et la réforme administrative doivent être conduites de manière complémentaire, afin de faire évoluer en profondeur le modèle administratif, d’améliorer la qualité des services publics et de renforcer l’efficacité de l’action administrative, tout en rapprochant davantage l’administration du citoyen et de l’entreprise.
Cette vision dépasse ainsi la simple numérisation des procédures. La transformation administrative suppose également de repenser les parcours des usagers, simplifier les démarches, réduire les charges administratives et faire évoluer les modes de gouvernance, en s’appuyant sur les technologies, les données et l’interopérabilité.
L’objectif est de construire progressivement une administration publique plus agile, plus efficace et plus transparente, capable de répondre aux attentes d’une société et d’une économie en transformation.
Une feuille de route administrative à l’horizon 2030
Dans cette perspective, le ministère a engagé la préparation d’une feuille de route de la transformation administrative 2026-2030.
Cette feuille de route ambitionne de contribuer à l’émergence d’un modèle administratif moderne, agile et performant, capable non seulement d’accompagner les mutations technologiques, économiques et sociales, mais également de les anticiper.
Cette orientation traduit une évolution importante de l’approche de la transformation publique : le numérique n’est plus considéré uniquement comme un outil de dématérialisation, mais comme un levier de transformation des processus, des organisations et des modes de gouvernance.
« AI Made in Morocco » : construire un écosystème national
L’intelligence artificielle occupe également une place centrale dans cette dynamique.
À travers l’ambition « AI Made in Morocco », le Maroc entend favoriser l’émergence d’un écosystème national capable de développer des solutions d’intelligence artificielle adaptées aux besoins du Royaume et, plus largement, aux enjeux du continent africain.
Le déploiement des Instituts JAZARI s’inscrit dans cette logique, en contribuant à rapprocher les acteurs publics, les universités, les chercheurs, les entreprises et les startups autour du développement des compétences, de la recherche et des usages de l’IA.
Cette démarche traduit également une volonté de ne pas limiter l’intelligence artificielle à l’adoption de technologies développées ailleurs, mais de renforcer progressivement les capacités nationales en matière de recherche, d’innovation, de développement de solutions et de valorisation des données.
Le capital humain au cœur de la transformation
La souveraineté numérique ne repose toutefois pas uniquement sur les infrastructures et les technologies. Elle dépend également de la capacité du pays à disposer des compétences nécessaires pour concevoir, déployer et maîtriser ces technologies.
Dans cette perspective, le Maroc s’est fixé l’objectif de parvenir à 100.000 talents numériques formés chaque année à l’horizon 2030.
Le développement des compétences constitue ainsi l’un des piliers de la stratégie numérique nationale, parallèlement au renforcement des infrastructures, des capacités de calcul, du cloud et de la maîtrise des données.
L’enjeu est double : répondre aux besoins croissants de l’économie numérique marocaine et permettre au Royaume de disposer d’un capital humain capable de soutenir son ambition en matière d’intelligence artificielle et de souveraineté technologique.
Une ambition qui dépasse les frontières du Royaume
La dynamique engagée par le Maroc comporte également une dimension continentale.
Le lancement du D4SD Morocco Hub, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), illustre cette volonté de contribuer à la transformation numérique au-delà du territoire national.
Cette initiative vise notamment à accompagner la transformation numérique et le renforcement des capacités dans les pays africains et arabes, en favorisant le partage d’expertise, l’innovation et la coopération autour des technologies numériques.
À travers ces différentes initiatives, le Maroc cherche ainsi à consolider son positionnement comme acteur africain de la transformation numérique, en combinant développement des compétences, innovation, infrastructures, gouvernance des données et intelligence artificielle.
Un prix qui met en lumière une transformation en cours
Au-delà de la distinction personnelle accordée à Amal El Fallah Seghrouchni, le Prix d’Excellence Africain « Intelligence Artificielle, Souveraineté Numérique et Innovation Publique » met en lumière les transformations actuellement engagées au Maroc dans le domaine du numérique et de l’action publique.
Il vient également souligner l’importance croissante de l’intelligence artificielle dans les politiques publiques, alors que les États sont désormais confrontés à un double impératif : accélérer l’innovation tout en renforçant leur capacité à maîtriser leurs infrastructures, leurs données, leurs compétences et leurs choix technologiques.
Pour le Maroc, cette équation constitue l’un des enjeux majeurs de la prochaine décennie. La transformation numérique ne se résume donc plus à la modernisation des outils administratifs. Elle devient progressivement un enjeu de compétitivité, de souveraineté, d’innovation publique et de positionnement stratégique à l’échelle africaine.